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Monastère de Godoncourt
Métropole Orthodoxe Roumaine d'Europe Occidentale et Méridionale

Dimanche de l’Expulsion d’Adam

Ce dimanche est aussi celui du Pardon et de la Tyrophagie (du grec tyros, fromage), du dernier jour des laitages, avant l’entrée dans le grand carême.


La veille de ce jour, samedi de la tyrophagie, la sainte Eglise fait mémoire de tous les saints, hommes et femmes, qui ont brillé par leur ascèse. Les Pères théophores nous ont progressivement enseigné à nous purifier de la viande (carnaval), puis à nous soucier de nous éloigner des laitages (tyrophagie), évitant toutes formes de jouissance et de satiété. Ce travail de mémoire est rendu aux âmes des ascètes, celles de tous les moines et moniales, qui par leurs exploits ascétiques et combats spirituels se sont sanctifiés. Par leurs sacrifices et leurs exemples, ils nous éclairent et nous affermissent davantage parce qu’ils partagent notre nature déchue. Ils incitent tous les hommes à déployer le même zèle, de manière à plaire à Dieu :


Par les prières de tous les saints ascètes

Ô Christ notre Dieu,

Aie pitié de nous !


Ce dimanche, nous saluons Adam notre premier père, chassé du paradis des délices. Avec lui, nous chantons : Hélas, je me suis dépouillé de l’habit divin, Seigneur, En transgressant ton commandement sur le conseil de l’ennemi ; Je me suis revêtu des feuilles de figuier et des tuniques de peau ; J’ai mangé mon pain à la sueur de mon front et, par ma faute, La terre fut condamnée à porter épines et chardons, Mais Toi Seigneur né de la Vierge en ces derniers temps, Rappelle-moi pour me faire entrer de nouveau dans le paradis.


L’arbre de la connaissance du bien et du mal


Dans le paradis, la grâce de Dieu habillait, nourrissait et assurait la croissance spirituelle de l’homme. Adam se devait de croître dans la connaissance de son créateur avant de goûter à la connaissance de la création. Au milieu du paradis se dressaient deux arbres : l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Seigneur dit à Adam : « Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Gen.2,16-17). Dieu permit au prince de ce monde, privé de la puissance céleste, d’entrer dans le paradis et de s’approcher de la femme. Cette dernière écouta les paroles du serpent et goûta le fruit de l’arbre, invitant son compagnon à l’imiter. Les ancêtres connurent alors la chute. Cependant, Adam vécut encore jusqu’à l’âge de 930 ans, selon saint Grégoire Palamas (Lettres à la moniale Xénia). D’un point de vue spirituel, il plongea dans la mort en consommant le fruit interdit. La mort de l’âme, précise saint Macaire le Grand, priva Adam du Saint Esprit. Certes, l’homme déchu reste à l’image de Dieu, mais il perd la possibilité d’aller à la ressemblance par l’acquisition des vertus. Après le bannissement, le Seigneur miséricordieux se pencha sur Adam et Eve, qui se cachaient nus et honteux. Ils perçurent la voix divine (Gen.3,8) : « Adam, où es-tu ? » (Gen.3,9). La chute dans la matière accomplie, les yeux du corps remplacèrent les yeux de l’âme. Ils perdirent le lien spirituel d’avec Dieu, s’habillèrent de la chair mortelle, revêtant « les tuniques de peau » afin de survivre dans ce monde nouveau. La tunique de peau n’est pas le corps, mais représente toutes les fonctions physiologiques de l’animalité, favorables aux passions : conception, enfantement, nourriture, souillures… jusqu’à la maturité, la vieillesse, la maladie et la mort où l’homme quitte le manteau de l’animalité. La survie imposa de masquer la nudité par les feuilles de figuier. Nudité physique certes, nudité spirituelle, ils avaient perdus leurs « corps glorieux ». Dieu miséricordieux les appelait au repentir. Pour saint Maxime le confesseur, cet arbre de la connaissance représente la création visible. Adam désobéit par orgueil et immaturité, en raison d’un état d’enfance, inapte à assumer son geste spirituellement.


L’arbre de vie


Dieu « expulse » nos premiers parents du paradis afin qu’ils ne goûtent pas à l’arbre de vie, au risque de devenir immortels et malades pour l’éternité. Dieu interdit l’accès à cet arbre : « Il mit à l’orient du jardin d’Eden des chérubins armés d’une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie » (Gen.3,24). Une tragédie d’ordre éternel est ainsi écartée. En ce dimanche de l’expulsion, tous les hommes sont nostalgiques de l’état paradisiaque et pleurent. Le poids du péché pèse sur le genre humain. L’arbre de vie deviendra la croix du Seigneur. Par son sacrifice, le Christ rend accès à l’immortalité de l’âme et répare l’acte prématuré d’Adam. Une seule fois, Adam n’a pas respecté le jeûne. Notre guérison à nous passe par le jeûne et sa répétition, nous nous hâtons d’y entrer. A travers le livre du Triode, le jeûne, le repentir et l’humilité sont rendus présents à notre esprit. Le saint et grand carême trouve ainsi sa justification et aiguise notre conscience. Dieu omniprésent a vu la transgression d’Adam et Eve. De même voit-Il nos efforts pour sortir de la corruption et briller « comme les luminaires dans le monde » (Phil.2,15).


Par ton ineffable miséricorde, Ô Christ notre Dieu,

Rends-nous dignes des délices du paradis et,

Dans ton amour pour les hommes.

Prends pitié de nous !

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