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Les Energies Incréées de Dieu

« Béni est le règne du Père, du Fils et du Saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ». Le règne de Dieu est accessible au-dedans de nous, il se situe dans le cœur de l’homme,

lorsque la gloire de Dieu vient le visiter.

La déification, la sanctification nous est proposée à travers les « mystères » de l’Église. Il n’y a qu’un seul sacrement de l’Église, dans un unique mystère ayant un contenu d’ordre sacramentaire. Les

Pères Cappadociens et Jean Damascène ne parlent jamais de sept sacrements, mais de l’unique mystère de l’Église. Le corps du Christ, ecclésial et eucharistique, est le corps de Dieu, nous dit saint

Athanase d’Alexandrie (1). Par le baptême et la chrismation, nous sommes unis à la Chair transfigurée du Christ, d’où fuse la Lumière divine. De son côté, l’homme doit user de sa libre détermination,

purifier son cœur des pensées de l’intelligence, les bonnes comme les mauvaises, afin de permettre la réunification de l’intellect au cœur. Le cœur est le lieu naturel du repos de l’intellect. Ainsi naît l’homme intérieur dont parle saint Paul. En réalité, il éveille en lui l’esprit, il brise le cœur de pierre et le transforme avec le temps en chambre lumineuse. Il naît à la vie spirituelle. Il devient corps, âme et esprit.

Pour Denys l’aréopagite, la divinisation est « une union dans la mesure du possible de l’être humain avec Dieu et son assimilation au sein de la vie divine » (2). Cette assimilation de l’homme intérieur à la vie divine est lente et progressive, elle peut être qualifiée de pneumatisation, spiritualisation de l’être tout entier. L’Esprit de Dieu vient habiter l’esprit de l’homme, présence imperceptible au début.

Cependant, l’homme fidèle à son engagement intérieur en prend peu à peu conscience. L’Esprit Saint visite l’esprit de l’homme qui spiritualise l’âme et le corps, c’est donc par l’esprit de l’homme

qu’opère ce mouvement de spiritualisation de tout l’être. Le Père Sophrony, ne dit-il pas que dans la prière « l’intellect, le cœur, le corps et jusqu’aux os, tout l’être se concentre et s’unifie » ? (3)

Jusqu’aux os ! Cette divinisation n’a point de limite. C’est le grand dessein de Dieu pour l’humanité, la déification-divinisation de l’homme par les énergies incréées de Dieu, propre et unique à

l’enseignement fondamental de la Sainte Église orthodoxe. Selon Calliste Angélikoudès, selon saint Grégoire Palamas, forts de l’expérience des Pères, Dieu est inconnaissable selon sa nature,

imparticipable dans son essence. En revanche, Dieu se laisse participer dans les énergies incréées qui proviennent de l’essence comme les rayons jaillissent du soleil. Ces énergies essentielles

incréées sont encore appelées « Lumière », « Gloire de Dieu », « Grâce divine », « Paradis » dans l’Ancien et Nouveau Testament. Essence et énergies sont bien deux modalités de l’existence divine et

trinitaire. L’énergie est une, qui procède du Dieu trinitaire, mais multiples, multiformes sont ses manifestations. Saint Grégoire Palamas utilise souvent l’expression « Lumière divine », moins

abstraite et plus pastorale certes, que « énergies divines ». Dans la fusion avec Dieu, l’homme se voit dans la lumière (4), comme les apôtres ont vu le Christ dans sa véritable dimension lors de la

Transfiguration, dans son humanité lumineuse et insoutenable pour l’homme déchu. Les apôtres ont fait l’expérience des prophètes et des saints, celle de la glorification de Dieu, avec et dans le Christ.

L’homme qui prie, qui chante, qui communie en conscience, avec un cœur contrit, en connaissance de cause avec un sentiment d’indignité devant le mystère insondable auquel il participe, entre dès le début de sa thérapie purificatrice dans le grand mouvement de la déification par les énergies incréées de Dieu. Certes, il n’est qu’au début, l’achèvement c’est la vision de Dieu en Christ. A l’aube de sa

vie spirituelle, l’homme ne dispose pas encore d’une conscience claire du rayonnement divin qui déjà œuvre en lui, qui le pénètre, mais peu à peu il verra son être intérieur prendre une forme nouvelle, une métamorphose qui le conduira de l’image à la ressemblance. « Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu et la construction que vous êtes a pour fondations les apôtres et les prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même. En Lui toute construction s’ajuste et grandit en un temple saint, dans le

Seigneur ; en Lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit ». Saint Paul (Eph.2,19)

Tels sont les fondements de la théologie expérimentale des énergies incréées de Dieu.


Prêtre Joseph


(1) EP. Ad Adelphium »,PG 26, col 1073

(2) De la Hiérarchie ecclésiastique PG3,376 A

(3) Archimandrite Silouane. Vie, doctrine et écrits. Le Cerf p.51

(4) Voir l’entretien entre saint Séraphim de Sarov et Motovilov

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